Je suis sûr que chaque enfant a en lui une grande passion. Celle-ci évolue selon son âge. Il y a ceux qui naissent avec l'amour du sport et qui deviennent de grands footballeurs, des volleyeurs ou même des pongistes. D'autres auront trouvé l'affection souhaitée chez la science et meurent d'envie de découvrir le sens et le fonctionnement de la vie. Il y a aussi les artistes, que j'admire tant. Il y a ces fameux prodigues de la musique, qui apprennent du Chopin ou du Beethoven si aisément. J'ai aussi trouvé mon bonheur dans la musique et également dans le cinéma. Mais en ce qui me concerne, je crois que je suis d'abord né avec le théâtre. Je crois même que lors de ma conception, je devais être en train de répéter mon arrivée sur terre. Plaisanterie mise à part, je rêve de devenir comédien professionnel.
Être artiste, cela demande de faire des sacrifices. La vie étant ce qu'elle est, il est difficile de pouvoir subvenir à ses besoins avec une carrière de comédien. On m'a dit une fois que ce n'était qu'une question de caractère. La recette populaire aurait tendance à dire : quand on veut, on peut. Je suis déterminé certes, mais sans le soutien de ses proches, c'est difficile. Je n'ai pas envie de dire qu'ils ne me soutiennent pas, ce serait mentir que d'affirmer cela. Cependant, la plupart d'entre eux pense que cela ne peut qu'arriver aux autres. J'aurais quand même tendance à croire qu'il faut se battre pour réaliser ses rêves. Et c'est ce que je ferais ! A part cela, j'envisage une formation littéraire (français et histoire et esthétique du cinéma). Ainsi je pourrais trouver un emploi fixe et sûr. Que voulez-vous, l'homme se doit d'être pragmatique.
En 2006, après maintes réactions du côté de mon père, j'ai osé me lancer dans les cours de théâtre d'Ariane Laramée. Évidemment, avant cela, la comédie c'était pour épater les copains. Avec Franziska, ma meilleure amie, nous nous sommes lancés dans une belle aventure. Avec Hélène, qui a quitté le groupe prématurément, Ophélie, Laurence, Camille et Josua (qui nous a rejoint en 2007), nous avons formé ensemble la Compagnie du Rire-Fou. Cette année, nous avons monté deux pièces d'Alfred de Musset : A quoi rêvent les jeunes filles et La Nuit Vénitienne. Cette expérience fut magique. Jamais je n'oublierais la manière dont nous avons intégré nos personnages. Et, jamais je n'oublierais ces grands moments d'émotion. Après tout ceci, à la rentrée, nous avons réunifié notre groupe avec les jeunes de 12 à 15 ans. J'ai fait la connaissance de gens forts sympathiques et remplis d'énergie. Malheureusement pour moi, j'ai dû me confronter à un nouvel exercice : l'improvisation théâtrale. Cette ambiance de matchs d'impro, comme ils disent, ne m'inspire pas. Je me sens démuni, d'un point de vue créatif. L'abandon du théâtre en soi et du spectacle a été brutal. Tous ces éléments ont provoqué mon départ du groupe. J'ai décidé de mettre fin à deux ans et demi de rires, de coups de gueule et de beaux instants d'émotion. Il était peut-être temps pour moi de tourner la page. Néanmoins, je ne vous cache pas que je le vis avec mélancolie.
Le théâtre et moi, c'est finalement une grande histoire d'amour. Je ne sais pas où les chemins vont me mener maintenant. Pendant les deux semaines de vacances qui s'annoncent, je vais d'abord prendre du recul. Ai-je fait le bon choix ? Dois-je réellement tourner la page ? Il est vrai que j'ai pris une décision et que j'aimerais l'assumer. Un dicton dit qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Dans tous les cas, je me pose encore beaucoup de questions. Une chose est sûre, j'ai vécu quelque chose d'exceptionnel et je remercie infiniment les gens qui ont fait partie de cette aventure. Pour ma part, je ne compte pas m'arrêter là, car j'ai besoin des émotions qu'offrent le spectacle.